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mardi 12 août 2014

Le 12 août, j'achète un livre québécois !

Vous avez sans doute entendu parlé sur les médias sociaux de cette journée spéciale cherchant a encourager le livre québécois. J'ai décidé de vous offrir quelques suggestions afin de vous aider à choisir lors de votre visite en librairie aujourd'hui.

Pssst. La librairie l'Exèdre, ou je travail offre 20% de rabais sur les livres québécois aujourd'hui seulement !

Sous la surface, Martin Michaud
Goélette

Martin Michaud nous entraîne dans le Massachussetts. La veille du Super Tuesday, jour crucial des élections primaires américaines, l'écrivaine et ancienne top-modèle Leah Hammett débarque à Lowell avec son mari, Patrick Adams, candidat favori à l'investiture démocrate. Vingt-cinq ans après avoir quitté sa ville natale sans jamais y revenir, Leah voit son passé ressurgir avec violence, une violence aussi forte que les espérances qu'il suscite...


Métis Beach, Claudine Bourbonnais
Boréal

À cinquante ans, le scénariste Roman Carr est au sommet de sa gloire. Sa série télévisée "In gad We Trust", satire cinglante de l'Amérique et de sa relation avec Dieu, fait un tabac. Roman Carr, né Romain Carrier, se taille une place enviable à Hollywood, aboutissement d'un long parcours tortueux pour ce Gaspésien qui a fui son village dans des circonstances troubles en 1962, à l'âge de dix-sept ans.À la fois roman d'apprentissage et fresque historique, "Métis Beach" est le grand récit de l'Amérique des sixties.

La déesse des mouches à feu, Geneviève Pettersen
Le Quartanier

La déesse des mouches à feu, c'est Catherine, quatorze ans, l'adolescence allée chez le diable. C'est l'année noire de toutes le premières fois. C'est 1996 à Chicoutimi-Nord, le punk rock, le fantôme de Kurt Cobain et les cheveux de Mia Wallace. Des petites crisses qui trippent sur Christiane F. et des gars beaux comme dans les films en noir et blanc. 



De la Bagnole

Que fais-tu là, Petite boule rouge ?
Veux-tu être une balle pour jouer ?
Veux-tu être une pomme qui se balance sur la branche d'un pommier ?
Veux-tu être une boule de Noël ?
Veux-tu être le pompon d'une tuque virevoltant au gré du vent ?


Le grand Antonio, Élise Gravel
De La Pastèque 

À vingt ans, Antonio arrive au Canada par bateau. Il est immence et très, très fort. Il mesure un mètre quatre-vingt-trize et pèse 225 kilos. Le Grand Antonio aime montrer sa force; il tire des autobus bondés de gens avec ses cheveux et combat des champions japonais. Ses cheveux sont des tresses épaisses et lorsqu'il met des tiges de métal à l'intérieur, elles deviennet des antennes qui lui permettent de communiquer avec les extraterrestres !

Détour sur la route de Compostelle, Mylène Gilbert-Dumas
VLB

Mireille est une femme heureuse en ménage qui dirige d'une main de maître aussi bien son quotidien que celui de ses trois fils... jusqu'au jour où elle se laisse entraîner par sa soeur sur la route de Compostelle. 





Sam, François Blais 
L'instant même

François Blais nous offre sa version du journal intime et de l'enquête. En suivant le narrateur sur les traces de Sam, dont les extraits de journal sont reproduits, on ne peux s'empêcher des se prendre au jeu et de se demander si, pour une fois, la fin sera heureuse... Mais nous sommes toujours chez François Blais, et si les pistes mènent quelque part, c'est bien là où il souhaite nous emmener !

Je me souviens, Jocelyn Létourneau
Fides

Parce qu'il conteste une ribambelle d'idées reçues, ce livre sera discuté. À l'encontre de ce que l'on dit, les jeunes Québécois s'intéressent à l'histoire de leur société. Ils sont capables de visions d'ensemble du parcours de leur collectivité - visions politiques soit dit en passant ! Et ils se montrent fiduciaires de l'expérience historique du Nous - ou plutôt des Nous québécois, selon qu'ils sont "anglos" ou "francos".  


Qu'est-ce qui fait courir Mamadi ?, Étienne Poirier
Soleil de Minuit

Est-ce la peur des hommes qui ont attaqué son village qui fait courir Mamadi ? Ou est-ce l'espoir de retrouver sa mère ? Est-ce plutôt le souvenir cruel d'une comptine d'enfant dont il a fait l'objet ou le rêve de devenir joueur de soccer professionnel ? On ne sait pas trop pourquoi, mais Mamadi court et court toujours. Roman envoûtant de rêve et d'espoir où la vie triomphe, Qu'est-ce qui fait courir Mamadi ? Entraîne le lecteur à la suite de ce jeune garçon rêveur qui, au fil de ses rencontres, trouve la force de surmonter les épreuves les plus difficiles. 


La revanche des moches, Léa Clermont-Dion
VLB

L'industrie de la beauté est multiforme, tentaculaire et extrêmement lucrative. Elle est aussi sans pitié. Jusqu'où accepterons-nous d'aller pour nous conformer aux standards esthétiques - par définition inatteignables - qu'elle prétend nous imposer ? On peut gager que cet essai, riche de confidences troublantes, de faits surprenants et de chiffres révélateurs, ne laissera personne indifférent. Car, face à cette industrie insatiable, ne sommes-nous pas toutes et tous terriblement moches?


Histoire du Québec en 30 secondes, Jean-Pierre Charland
Hurtubise

Par des textes brefs rédigés dans un langage accessible, les deux auteurs relèvent le défi et livrent une extraordinaire synthèse du Québec à travers 55 événements importants de son histoire, depuis les premiers occupants avant même l'implantation de la colonie jusqu'aux accommodements raisonnables, en passant par la Nouvelle-France, les Patriotes, l'Expo 67, la Loi 101 et les référendums. 


Nocturne, Pascal Blanchet
de La Pastèque

Août 1948, New York suffoque sous la canicule. Alors que la nuit s'étend sur la ville, la voix d'Anne Scheffer, reine des ondes, transporte loin des cuisines et des rares clients une serveuse de cafétéria de la 33e rue et ajoute au drame banal d'un auteur sans succès de Brooklyn. Nocturne est la chronique d'une nuit qui peine à voir le jour... 




Jack, Hervé Gagnon
Libre Expression

Montréal, août 1891. Par un matin de canicule, on découvre le corps horriblement mutilé d'une prostituée dans une rue du Red Light. Ce meurtre est le premier d'une série comme jamais Montréal n'en a connu et qui ressemble à s'y méprendre aux assassinats commis par Jack l'Éventreur à Londres en 1888. Pourtant, étrangement, ni la police ni la presse ne s'y intéressent. Seul Joseph Laflamme, journaliste du quotidien Le Canadien en mal de travail, fouille l'affaire malgré l'opposition des autorités et des mystérieux francs-maçons. 

Crimes à librairie, collectif
Druide

Ils écrivent des polars. Des polars qu'on dévore. Et à la demande d'un lecteur passionné, Richard Migneault, ils se sont réunis autour d'un thème séduisant: crimes à la librairie. Ces seize écrivains québécois de grand talent nous invitent dans autant de librairies. De ces lieux généralement paisbles, ils ont fait de véritables scènes de crime. Ils ont dénaturé ces carrefours de tous les imaginaires transformant chaque livre qui s'y trouve en témoin de l'énigme, du suspense, de l'insoutenable. 

Griffintown, Marie-Helène Poitras
Alto

Le jour se lève sur Griffintown après le temps de survivance, les mois de neige et de dormance. Hommes et chevaux reprennent le chemin de l'écurie. L'hiver a eu raison de quelques-uns. Certains, comme John, reprennent le collier comme on renoue avec une mauvaise habitude. Pour d'autres, qui traînent plusieurs vie derrière eux, il s'agit souvent du cabaret de la dernière chance. 



Le baiser mauve Vava, Dany Laferrière
de La Bagnole

Dans le petit village de Petit-Goâve, plus rien n'est pareil. Des soldats ont envahi les rues. On parle à mots couverts. Les nuits sont agitées. Mais surtout, surtout, Vava est malade, et c'est de cela que Vieux os est inquiet. Il ne manque ni d'amour, ni de courage. Il ne quittera pas le village avant d'avoir donné et reçu ce baiser si puissant qui peut venir à bout de la violence, de la peur et de la maladie. Ce baiser, il est mauve. 


Nous étions le sel de la mer, Roxanne Bouchard
VLB

Ce matin-là, Vital Bujold a repêché le corps d'une femme qui, jadis, avait viré le coeur des hommes à l'envers. En Gaspésie, la vérité se fait rare, surtout sur les quais de pêche. Les interrogatoires dérivent en placotages, les indices se dispersent sur la grève, les faits s'estompent dans la vague, et le sergent Moralès, enquêteur dans cette affaire, aurait bien besoin d'un double scotch. 


Le mur mitoyen, Catherine Leroux
Alto

Entre ces personnages, Catherine Leroux dessine une cloison fine comme un brin d'impossible qui tantôt sépare, tantôt unit, estompant la frontière entre les secrets, la vérité et l'inouï. Une histoire où l'on frappe trois coups sur un mur pour entendre en retour un mystérieux toc toc toc. 


mercredi 30 octobre 2013

Le sel de la terre: Confessions d'un enfant de la classe moyenne

Un essai de Samuel Archibald


La classe moyenne est instrumentalisée par les politiciens et les commentateurs médiatiques, qui la dépeignent tantôt comme une immense cohorte de pauvres en devenir, tantôt comme une communauté martyrisée de contribuables parasités par l'État. Des pro­phètes de malheur annoncent même sa disparition. Enfant de la classe moyenne, Samuel Archibald a eu envie de se pen­cher sur ce qu'elle a été, ce qu'elle est devenue et ce qui l'attend. Et de parler de sa famille, des années 1980, de la religion du Publisac, de films de fin du monde et de stationnements de centres d'achats. 


Samuel Archibald, c'est cet écrivain, prof à l'UQAM, qui a charmé presque tout le monde avec son recueil de nouvelles Arvida paru en 2011 aux éditions Le Quartanier (récipiendaire du prix des libraires 2012 et du prix Coup de coeur Renaud-Bray). Il livre ici un essai dans lequel il s'interroge sur la classe moyenne au Québec. 

Ce que j'avais aimé d'Arvida, c'est l'univers ultraréaliste de Samuel Archibald ainsi que sa façon très personnelle de nous raconter ses histoires. Toutefois, j'avais trouvé que le corps de ses histoires manquait de tonus, et que la plupart des nouvelles tombaient à plat. Dans Le sel de la terre, je retrouve toute l'intelligence de l'auteur, sa façon de raconter qui me donne vraiment l'impression de lire un ami, un gars de ma génération. D'ailleurs, cet essai me fait un peu penser au style des articles de Urbania, mordant, mais terre-à-terre, dans lesquels on n'utilise pas nécessairement le joual, mais où l'on se permet un "criss" si c'est nécessaire (et Dieu sait que parfois, ce l'est !). 

"La classe moyenne est définie par ceux qui s'identifient à elle, la courtisent, la commentent. Elle se caractérise ainsi surtout en fonction d'un double rapport : au pouvoir (qu'elle ne désire pas réellement, mais par lequel elle se sent flouée) et  l'argent (dont elle dispose de façon mesurée: "Ni riche ni pauvre", telle est sa devise). Que tout le monde et son beau-frère se réclament de la classe moyenne témoigne du caractère excessivement souple de la notion, mais aussi de sa force identitaire." (p.24)

Il présente donc dans cet essai sa vision de la classe moyenne québécoise, son origine, son rapport à l'argent, sa personnalité, mais aussi son endettement et son individualisme. Le contenu est allégé par les "confessions" d'Archibald, qui sont en fait ses souvenirs d'enfance, et qui illustrent de façon relativement pertinente son propos. Nous n'avons pas affaire ici à un ouvrage scientifique rempli de chiffre et de statistique, mais bien à un livre d'opinion, léger, mais intelligent et surtout fort bien écrit. 

À découvrir ! 

Samuel Archibald, Le sel de la terre, Atelier 10, 2013, 75 pages.